Soutenance d’HDR de Philippe Gillig
Le 09/06/2026
De 09:30 à 12:30
Détails de l'événement :
Monsieur Philippe Gillig présentera ses travaux en vue de l’obtention du Diplôme d’Habilitation à Diriger des Recherches (HDR) sur le thème suivant :
“Trois leçons d’histoire des idées et de philosophie économiques à partir de l’œuvre de J. S. Mill”
La soutenance aura lieu devant le jury composé de :
M. Claude Diebolt, Directeur de recherche, CNRS (garant)
M. Guido Erreygers, Professor of Economics, University of Antwerp (rapporteur)
Mme Helen McCabe, Professor in Political Theory, University of Nottingham (rapportrice)
Mme Nathalie Sigot, Professeure des universités, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (rapportrice)
Mme Herrade Igersheim, Directrice de recherche, CNRS (examinatrice)
Mme Mélanie Plouviez, Professeure des Universités en philosophie, Université Côte d’Azur (examinatrice)
Résumé du projet : Le projet propose une lecture renouvelée de la pensée de John Stuart Mill à partir d’une analyse rigoureuse de ses textes originaux. Il s’articule autour de trois chapitres.
Le premier chapitre porte sur l’évolution de la notion d’homo œconomicus chez Mill. L’auteur montre que Mill est passé d’une conception universaliste du comportement économique à une vision relativiste, influencée notamment par son éthologie, sa lecture des Saint-Simoniens, et l’importance croissante accordée aux notions de « concurrence » et de «coutume». Ce chapitre traite aussi de l’évolution du libéralisme de Mill, illustrée par son rapport changeant aux coopératives — de la critique à l’éloge — conduisant à parler des libéralismes de Mill.
Le deuxième chapitre remet en question deux catégorisations présentistes courantes : l’opposition libéralisme/socialisme et l’assimilation libéralisme/capitalisme. À travers l’étude des coopératives et du système de colonisation de Wakefield, l’auteur montre que Mill n’oppose jamais libéralisme et socialisme, et que sa pensée critique du capitalisme est bien plus proche de celle de Marx qu’on ne le croit généralement.
Le troisième chapitre s’intéresse au concept négligé d’« immaturité » dans le libéralisme millien, en articulant ses positions sur l’intervention militaire et économique en faveur de peuples ou d’individus non matures. Il examine aussi la tension entre son libéralisme et son engagement au sein de la Compagnie des Indes orientales, organisation impérialiste.
En perspectives de recherche, le mémoire propose d’explorer, à partir de la critique millienne radicale de l’héritage, la question de la transmission patrimoniale au XXe siècle, en partant du constat qu’il existe un manque dans la littérature en histoire de la pensée économique sur ce sujet et propose d’étudier comment les économistes du XXe siècle ont pensé l’héritage, son imposition et son rapport aux inégalités et à la méritocratie.