Cryptoactifs, cybersécurité… un été médiatique dense pour Yamina Tadjeddine

31 août 2026

L’été 2026 a été marqué par plusieurs sujets économiques et technologiques. L’entrée en vigueur début juillet du règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets), adopté en 2023, ouvre une nouvelle étape dans l’encadrement des cryptoactifs. Parallèlement, une vague massive de cyberattaques ayant notamment visé plusieurs administrations publiques françaises, dont la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), a remis au premier plan les questions de cybersécurité et de protection des données. Dans ce contexte, Yamina Tadjeddine, professeure d’économie à l’Université de Lorraine et chercheuse au BETA, a été sollicitée par plusieurs médias pour mettre en perspective ces actualités et en analyser les enjeux économiques, financiers et réglementaires.

Régulation des cryptoactifs : comprendre les effets de l’entrée en vigueur du règlement MiCA

Alors que le règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets) est pleinement applicable depuis le 1er juillet 2026 dans l’ensemble de l’Union européenne, le secteur des cryptoactifs connaît une profonde restructuration. Sur plusieurs milliers d’acteurs présents sur le marché européen, seule une fraction a obtenu les agréments nécessaires pour poursuivre ses activités, illustrant le changement d’échelle de la régulation européenne.

Dans plusieurs entretiens, accordés à L’Humanité et Alternatives Économiques, Yamina Tadjeddine a analysé les conséquences de l’entrée en vigueur du règlement européen MiCA sur le marché des cryptoactifs. Elle souligne que cette réglementation répond à la croissance rapide d’un secteur longtemps peu encadré et marqué par des fraudes récurrentes. En imposant des exigences de transparence, de gouvernance et de connaissance des clients (KYC), le règlement rapproche les cryptoactifs des standards de la finance traditionnelle.

La chercheuse replace cette évolution dans une perspective historique plus large. Selon elle, les cryptoactifs suivent une trajectoire comparable à celle d’autres innovations financières : conçus à l’origine en marge des institutions et des intermédiaires, ils tendent à être progressivement standardisés et intégrés dans les cadres réglementaires à mesure que leur diffusion s’élargit. Pour autant, cette régulation demeure partielle. Si le règlement MiCA encadre désormais une large part des activités liées aux cryptoactifs, certaines zones d’ombre subsistent.

Cyberattaques et revente de données : un marché économique structuré

Autre sujet d’actualité majeur cet été : la multiplication des cyberattaques et les conséquences économiques des vols massifs de données personnelles. Après plusieurs incidents touchant des institutions et des entreprises françaises, les médias se sont intéressés aux mécanismes économiques qui sous-tendent ces activités illicites.

Invitée dans Le Journal de l’Éco sur France Culture, Yamina Tadjeddine est revenue sur la structuration croissante du marché de la revente des données volées. Son intervention a permis d’éclairer les logiques économiques à l’œuvre derrière les cyberattaques : organisation des réseaux criminels, valorisation marchande des données personnelles et développement d’écosystèmes spécialisés qui transforment l’information volée en ressource économique.

À travers ces différentes prises de parole dans les médias, la chercheuse contribue à nourrir le débat public sur des questions au croisement de la finance, du numérique et des politiques de régulation, en apportant un regard d’économiste sur des enjeux qui concernent directement les citoyens, les entreprises et les pouvoirs publics.